LES CONSTITUTIONS D’ANDERSON

EXTRAITS

  “Un Maçon est obligé, par sa Condition, d’obéir à la Loi morale ; et s’il comprend bien l’Art, il ne sera jamais un Athée stupide, ni un Libertin irréligieux. Mais bien qu’aux Temps anciens les Maçons fussent tenus en tout Pays d’appartenir à la Religion de ce Pays ou de cette Nation, quelle qu’elle fût, on estime cependant, maintenant, plus convenable de ne leur imposer que cette Religion sur laquelle tous les Hommes sont d’accord, et de les laisser libres de leurs Opinions particulières : c’est‑à‑dire, être des Hommes bons et loyaux, ou Hommes d’Honneur et de Probité, quelles que soient les Dénominations et Croyances qui puissent les distinguer.”

“Ainsi, la Maçonnerie devient le Centre d’Union et le Moyen de promouvoir la véritable Amitié entre des Personnes qui eussent dû rester perpétuellement séparées.”

“Une Loge est un endroit où s’assemblent et travaillent les Maçons. Il s’ensuit que cette Assemblée, ou société de maçons dûment organisée, est nommée LOGE, et chaque Frère doit appartenir à l’une d’elles ; et se soumettre à ses Statuts et aux RÈGLEMENTS GÉNÉRAUX. Elle est soit particulière soit générale, et sera d’autant mieux comprise qu’elle sera fréquentée, et selon les Règlements de la Loge Générale ou Grande Loge, annexés ci après. Aux Temps anciens, aucun Maître ou Compagnon ne pouvaient s’en absenter, surtout s’ils étaient avertis d’avoir à y venir, sans encourir une sévère Censure, à moins qu’il n’apparût au Vénérable et aux Surveillants que seule la Nécessité les en avait empêchés.”

“Tous les Maçons doivent travailler aux Jours ouvrables pour pouvoir vivre honorablement aux Jours de Fête ; et le Temps désigné par la Loi ou le pays, ou confirmé par la Tradition, doit être observé.”

“Le plus expert des Compagnons doit être choisi ou nommé Maître (Vénérable) ou Contremaître des Travaux du Seigneur, et ceux qui travaillent sous sa direction doivent l’appeler MAITRE. Les Artisans doivent éviter tout écart de Langage, et ne pas se donner mutuellement des Noms désobligeants, mais Frère ou Compagnon. Ils doivent se conduire avec courtoisie à l’intérieur et à l’extérieur de la Loge.”

“L’on doit observer toutes ces Obligations, de même que celles qui seront communiquées d’autre façon. Il faut cultiver l’AMOUR FRATERNEL, Fondement et Pierre Angulaire, Ciment et Gloire de cette ancienne Confrérie ; éviter toutes Disputes et Querelles, Médisance et Calomnie, et ne permettre à quiconque de calomnier un honnête Frère, mais le défendre et lui rendre tous bons Offices autant qu’il est possible pour l’Honneur et la Sécurité, sans plus. Si l’un des Frères cause un Préjudice, on doit s’adresser à sa Loge ou à celle de l’accusé ; on peut ensuite faire appel à la GRANDE LOGE, lors de l’Assemblée Trimestrielle, puis encore à la GRANDE LOGE annuelle, selon la louable Coutume de nos Prédécesseurs en toutes Nations.

Il ne faut jamais laisser prendre à ces choses un cours légal, sauf quand le Cas ne peut être tranché d’autre façon ; on doit écouter avec Patience l’Avis honnête et amical du Vénérable et des Compagnons, s’ils veulent vous éviter d’aller devant la Loi avec des Etrangers ou vous inciter à accélérer la Période de toutes les Instances légales, de manière que vous puissiez vous   occuper des Affaires de la MAÇONNERIE avec d’autant plus d’empressement et de Succès. 

Quant aux Frères ou Compagnons en Procès, le Vénérable et les Frères doivent leur proposer aimablement leur Médiation, et les Contestants doivent s’y soumettre avec Reconnaissance.

Si la Médiation est impraticable, les Frères en dispute doivent alors poursuivre leur Procès, sans Colère ni Rancune (pas de la manière commune) ; ils ne doivent rien dire ou faire qui puisse entraver l’Amour Fraternel et interdire la continuation des bons Offices. Ainsi, tous peuvent voir la bénigne Influence de la MAÇONNERIE, et ce que tous les vrais Maçons ont fait depuis le Commencement du Monde, et feront jusqu’à la Fin des Temps.”

Amen, qu’il en soit ainsi.

Vers la description du livre


Avertissement

Même si la franc-maçonnerie française ne l’a pas utilisé comme « livre sacré » avant la seconde moitié du xxe siècle, certaines obédiences se disent héritières des
« Constitutions de 1723 rédigées par le pasteur Anderson ».

Plus généralement, de nombreux francs-maçons d’Europe continentale donnent aux constitutions de 1723 la valeur d’un texte fondateur, alors que les francs-maçons anglais n’y voient habituellement qu’une première étape vers leurs constitutions de 1813

Cette différence d’approche relève de désaccords interprétatifs sur la nature même du texte et sur son contenu. Le point 1 De DIEU et la RELIGION, extrait de la partie intitulée « Devoirs » étant le passage le plus polémique.

( réf.  Fr.wikipédia/constitutions d’Anderson)







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